Les corps avalés
Virginie Brunelle
Dans Les corps avalés, sept danseur·euse·s sont saisi·e·s par un tourbillon musical enivrant qui les traverse autant qu’il les emporte.
.
.
Déjà accueillie avec Sans quoi nous crèverons, Virginie Brunelle signe ici une pièce tout en frictions. Intimement accordée à la partition du Quatuor Molinari, la chorégraphe québécoise tisse une écriture intensément physique où les cordes s’infiltrent jusque dans les moindres frémissements du mouvement. Au gré des archets, les corps basculent d’un appui à l’autre, s’abandonnent à l’étreinte ou s’en arrachent brusquement. Dans ces élans contraires se dessine peu à peu une humanité en proie au fracas de notre époque, mais qui ne renonce pas pour autant à la tendresse – un acte de douce résistance, dérobé au vacarme.