Le cinéma iranien. Entre répression er reconnaissance internationale
Le cinéma iranien. Entre répression er reconnaissance internationale
La série de conférences Film & Politik – Résistance ! Widerstand ! Resistenz ! – est consacrée à l’idée plurielle de la résistance dans une perspective cinématographique. La résistance est aussi ancienne que le pouvoir lui-même. Là où des normes sociales, des systèmes politiques ou des ordres culturels restreignent ou oppriment les individus, la contestation émerge – discrète ou bruyante, individuelle ou collective, spontanée ou organisée.
Mais au nom de quoi résiste-t-on ? Pour la liberté ? Pour la démocratie et les droits humains ? Pour l’épanouissement personnel ? Et qu’est-ce que la résistance ? Elle peut s’exprimer, par exemple, par la contradiction, le refus ou la non-participation, dans des gestes subtils du quotidien, mais aussi par le vote, dans des manifestations, des insurrections armées ... et même dans l’acte de faire du cinéma lui-même.
Les films montrent souvent la résistance comme un acte de courage – mais aussi comme un processus plein d’ambivalences et de contradictions. La résistance n’est pas seulement un phénomène historique : c’est un enjeu très actuel dans la société et la politique, qui invite à réfléchir à sa propre responsabilité, aux marges de manœuvre dont on dispose et aux formes d’engagement possibles.
Organisé par le ZpB et le CNA.
Dès 1979, l’imam Khomeini fait du cinéma un outil d’éducation aux valeurs islamiques, encadré par des organismes contrôlant étroitement la production et la diffusion. Peu à peu se met en place un système qui voit évoluer parallèlement un cinéma officiel, ne sortant guère des frontières iraniennes, et un cinéma « de festival », acclamé à l’étranger mais souvent censuré en Iran.
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A partir de la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, les tensions s’accentuent : certains cinéastes bravent les interdits en abordant des sujets sensibles comme la représentation des femmes, la corruption ou la nature du pouvoir. Pour ces artistes souvent contraints à la clandestinité, le cinéma devient un outil de résistance face à un régime autoritaire, tout en leur assurant une reconnaissance et un soutien constants à l’étranger.
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Cette conférence se propose de retracer les principales étapes de l’évolution de la production cinématographique en Iran, d’examiner le rôle des festivals internationaux dans cette dynamique et d’analyser les choix thématiques et esthétiques de cinéastes tels que Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof.