Une terre d’accueil berceau de la liberté de voyage

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Durée: 4 étape(s)

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Une terre d’accueil berceau de la liberté de voyage

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A propos du tour

Excursion ½ journée

La Moselle luxembourgeoise se souvient

La visite d’une demi-journée à la Moselle fait connaître une histoire hallucinante: celle de terre d’accueil et de refuge, celle de la préparation des procès des criminels de guerre à Nuremberg, celle de la création de la libre circulation des personnes.

Le parcours vous amène à la station thermale de Mondorf-les-Bains racontant une histoire extraordinaire trop peu révélée. Il se poursuit à Schengen, dont le nom de ce village viticole en bordure de la Moselle, représente la liberté de voyage pour 400 millions d’habitants répartis sur 26 pays européens. L’itinéraire conduit ensuite à deux villes charmantes entourées de vignobles bordées par le Moselle : Remich et Grevenmacher.  Leurs sentiers « pavés de la mémoire » rappellent le sort tragique de familles juives déportées et exterminées par le régime nazi.

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étape 1
Mondorf-les-Bains

Il y a 170 ans, en juin 1847, les premières installations thermales allaient ouvrir leurs portes à Mondorf-les-Bains. En 1886, la station est reprise par l’Etat, Mondorf-Etat, de nos jours Domaine Thermal (link).

Alors que le l’antisémitisme se ressentait déjà au tournant du XIXe au XXe siècle dans les stations  thermales d’Allemagne et d’Autriche, la station de Mondorf-les-Bains, accueillait avec bienveillance la clientèle sémite, reflétant bien l’esprit d’ouverture luxembourgeois. Victor Hugo avait déjà été l’illustre hôte de la station en 1871 avant de trouver à son tour au Luxembourg refuge politique. Comme terre neutre emprunte d’un esprit humaniste, le Luxembourg fut à l’époque également terre d’accueil pour les persécutés du Kulturkampf, et ceux qui redoutaient l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine à l’Allemagne.

Point étonnant donc, que Mondorf s’était doté d’une synagogue en 1907, construite dans un magnifique style de Sécession. Elle avait échappé aux destructions nazies et a été habilement restaurée par le bureau d’architecture Schemel-Wirtz pour servir de centre culturel. Elle fait partie d’un patrimoine très riche en villas Art Nouveau que l’on découvre en flânant dans les rues de la station.

Les persécutions juives en Allemagne dès le début des années 1930 encourageaient le développement de Mondorf-les-Bains, proche de ce pays, mais politiquement neutre. Trois hôtels (Bristol, Hemmendinger et Gittler) accueillaient principalement des hôtes juives et servaient de la cuisine kasher.  

Le programme musical de la station thermale était enrichi des talents de grands artistes fuyant alors l’Allemagne nazie, dont le souvenir du passage du célèbre pianiste polonais Arthur Rubinstein demeure vivant.

Après l’armistice de mai 1945, l’ancien « Palace Hôtel » eut le douteux privilège d’héberger 59 survivants de l’élite du Troisième Reich, attendant le futur procès de Nuremberg. De nombreux criminels de guerre nazis, dont Hermann Göring, Joachim von Ribbentrop et Gerd von Rundstedt, furent internés à Mondorf en attente de leur procès. Ce fut ici, au Central Continental Prisoner of War Enclosure No. 32, qu’on présentait pour la toute première fois les films sur les horreurs des camps de concentration et de la mort. Douglas Kelleyn, officier du service de renseignement de l'armée américaine qui servit comme chef psychiatre à la prison de Nuremberg lors des Procès de Nuremberg eut ses premiers entretiens avec Göring à Mondorf-les-Bains.  Aujourd’hui, la galerie du Domaine thermal rappelle le passé historique de la station à l’aide de panneaux illustrés.

11 pavés de la mémoire conçus par l’artiste allemand Gunter Demnig sont insérés dans les trottoirs aux dernières adresses connues de familles juives, respectivement de résistants antifascistes. En 1935, Mondorf-les Bains comptait 53 habitants juifs. Les pavés dorés rappellent en quelques lignes les noms et dates clés de personnes où le destin tragique et fatal s’est joué en ces lieux.

Attractions

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étape 2
Schengen

Schengen est le village viticole, dont le nom représente la libre circulation des personnes dans 26 pays européens. Ce fut ici, au bord de la Moselle, qu’en 1985 fut signé le premier Accord de Schengen. Le village, également réputé pour ses vins nobles, avait été désigné pour sa situation géographique, où convergent les frontières du Benelux, de la France et de l’Allemagne.

Centre européen

Le centre d'accueil "Centre Européen" abrite le Musée Européen Schengen, une exposition permanente sur l'Accord de Schengen et l'Union Européenne ainsi qu'un Centre d'Information "Europe Direct" avec des documentations sur la politique de l'UE.
La convention de Schengen organise l'ouverture des frontières entre les pays européens signataires. Elle est un des symboles les plus importants pour marquer que le nationalisme centré sur un espace clos, et à l’origine de la 2e guerre Mondiale, a cédé la place à un monde plus ouvert et coopératif.

Pour les citoyens européens et les membres de leur famille, l’espace de libre circulation des personnes est communément appelé « espace Schengen », du nom du village luxembourgeois de « Schengen », où a été signé l'accord entre les premiers cinq États, le 14 juin 1985. Le choix de ce lieu est symbolique car il s'agit d'un point de jonction frontalier entre le Luxembourg (donc plus largement le Benelux), l'Allemagne et la France (en  bordure de la Moselle). Si la première convention de Schengen date de 1985, l'espace Schengen a été institutionnalisé à l'échelle européenne par le traité d'Amsterdam du 2 octobre 1997. L'espace Schengen comprend actuellement 26 États membres.

Le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007, modifie les règles juridiques concernant l'espace Schengen, en renforçant la notion d'un « espace de liberté, de sécurité et de justice ». Celui-ci fait intervenir davantage de coopération policière et judiciaire, et vise à une mise en commun des politiques de visas, d'asile et d'immigration.

Les citoyens étrangers qui disposent d'un visa de longue durée pour l'un des pays membres peuvent circuler librement à l'intérieur de la zone.

Visites guidées pour groupes sur demande.

Ouverture: Novembre-Mars: Lu-Di de 10h00 à 17h00 | Avril-Octobre: Lu-Di de 10h00 à 18h00
Fermeture: 01.11 | 24.12 - 01.01

Attractions

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étape 3
Remich

Le 10 mai 1940, les troupes allemandes sont entrées par le pont de Remich-Nennig en renversant la barrière. L’occupation nazie se révéla aussitôt comme régime de terreur.

17 pavés de la mémoire rappellent le sort tragique de Remichois de confession juive. Ils s’appelaient Regina Hilb-Bonem, Leopold Hilb, Erna Hilb, Fanny Meyer-Kahn, Arthur Meyer, Renée Hayum-Meyer, Leo Hayum, Emma Marx-Nathan, Felix Marx, Klara Herrmann-Kahn, Heinrich Herrmann, Myrtil Herrmann ou encore Alice-Deichmann-Aron.

Tous habitaient la ville de Remich, tous ont péri en déportation. Les pavés de la mémoire consistent en l’encastrement de pavés dont la face supérieure, en laiton, indique le nom, la date de naissance et de décès de la personne. Quatre anciennes propriétés de familles juives existent toujours à Remich. Elles fournissent un contexte de triste mémoire face aux pavés luisants dans le trottoir. Ils ont été conçus par l’artiste allemand Gunter Demnig pour sensibiliser au passé douloureux de ces familles.

En 2016, Remich est la première ville du Grand-Duché à inaugurer une place des victimes de la Shoah.

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étape 4
Grevenmacher

La ville de Grevenmacher compte 38 enrôlés de force dans les armées hitlériennes, 28 morts pour la patrie, et 7 juifs assassinés des Camps de la mort sur une population de 2811 habitants (1935). 7 pavés de la mémoire sont insérés dans les trottoirs de la métropole mosellane pour commémorer les victimes de la Shoah. 9 magasins tenus par des commerçants juifs, dont 4 spécialisés dans la confection, longeaient les rues commerciales de la petite ville de Grevenmacher. Comme importante place de marché régional, la ville accueillait 8 marchés de bétail par an.

Quelque 100 habitants constituaient en 1895 cette petite communauté juive installée depuis  1808 à Grevenmacher, comme la loi sur l’adoption obligatoire d’un nom de famille - ce qui jusqu’alors n’était pas nécessairement le cas chez les juifs- le permet de constater.  La suppression de l’Union douanière avec l’Allemagne (1919), avait réduit leurs activités commerciales ce qui amenait plusieurs départs et que la population ne recensait que 43 citoyens juifs en 1935. 37 parmi eux réussirent la fuite, le 10 mai 1940, au moment de l’invasion du pays par l’armée nazie. Les 7 personnes restées en place furent déportés dans des ghettos, respectivement les camps de la mort. Ils y périrent tous. Les pavés de la mémoire placés devant leurs anciens domiciles ce souviennent de leurs sorts tragiques.

Les pavés de la mémoire sont placés au centre de Grevenmacher, rue de Trèves (33), rue Sainte-Cathérine (38), rue de Luxembourg (25) et Grand’Rue (19).

La nécropole juive

En 1884 la communauté inaugure sa synagogue et école hébraïque, disparus de nos jours. Les épidémies sévissant à la fin du XIXe siècle, ne permettaient plus aux Israélites d’être inhumés dans leur commune de provenance.  En 1893, la ville de Grevenmacher autorise la communauté juive à aménager son propre cimetière sur une parcelle privée. Selon la disposition actuelle des stèles dressées, on peut deviner le concept mis au point, afin d’utiliser les 5,8a  de façon optimale. Ils avaient prévu d’aligner les tombes en quatre rangées avec un passage assez large au milieu. Les deux rangées à droite hébergent les sépulcres les plus anciens, tandis que les tombes les plus récentes se trouvent plus près de l’entrée.

En 1897, le cimetière israélite de Grevenmacher entre en fonction lors de l’enterrement d’une jeune fille de 17 ans et d’un bébé de 7 jours. Leurs tombes sont les seules à occuper un emplacement particulier, s’adossant directement contre l’enceinte du cimetière. Le cimetière de Grevenmacher est le quatrième cimetière israélite ayant été érigé au Luxembourg. Après les deux cimetières de Luxembourg/Ville et celui d’Ettelbruck, celui de Grevenmacher ne sera plus suivi que par celui d’Esch-sur-Alzette.

Aujourd’hui, il compte 43 tombes, dont la dernière a été érigée en 1988. Il n’a pas été profané au cours de la guerre, et son patrimoine reflète aujourd’hui la présence d’une culture très riche de cette ville mosellane.

Visites sur demande:
Administration communale de Grevenmacher
6, Place du Marché
L-6755 Grevenmacher
T +352 75 03 11 1

Chapelle de la Croix

Située en amont de Grevenmacher, en plein milieu des vignes, avec des vues panoramiques sur la Moselle, la Chapelle de la Sainte Croix remonte à 1737. Depuis 2015, elle est inscrite comme monument au patrimoine national du Luxembourg. Depuis le 15 juillet 1956, la ligue "Ons Jongen" s’y réunit en prière chaque deuxième dimanche de juillet, pour se souvenir des jeunes de Grevenmacher enrôlés de force dans l’armée allemande. La chapelle est devenue un lieu emblématique de la petite ville mosellane.